Les Vérités de Nicole Touati

Les grands esprits musulmans

 

Je voudrais rendre un hommage particulier à ces hommes et ces femmes qui, avec un courage incroyable, osent affronter des arguments brûlants au risque d’être considérés des traîtres. Des philosophes, des écrivains et des journalistes écrivent des vérités…

Je voudrais en citer quelques uns.

Abdelrahim Ali, expert incontesté des Fréres Musulmans : chercheur, écrivain, directeur du Centre des études du Moyen-Orient de Paris (CEMO). Abdelrahim Ali est aussi le président du Centre arabe des recherches et des études du Caire et rédacteur en chef du quotidien égyptien Al Bawaba. Parlementaire, il jouit d’une reconnaissance incontestable auprès du public arabe assoiffé d’un Islam moderne et authentique sans voile, sans nikab.Son deuxième livre: L’Etat des Frères Musulmans – L’europe et l’expansion de l’Organisation Internationale – est une révélation.

Wafa Sultan est une psychiatre américaine d’origine syrienne. Elle affronte sur les plateaux de télévision des cheikhs et des imams obscurantistes d’une main de fer. Jeune étudiante en Syrie, elle avait assisté au meurtre de son professeur, Youssef el Youssef, par des membres des Frères musulmans , un évènement qui a marqué et bouleversé sa vie.

Frère Rachid, un marocain converti au christianisme après avoir étudié les différences entre les deux religions, alors qu’il voulait se faire au départ le défenseur de sa religion d’origine. Chassé de sa famille après sa conversion et ayant compris que la majeure partie des Arabes ne comprennent pas l’arabe classique, langue du coran, il décide de le traduire afin de pouvoir en discuter. Il vit aux Etats Unis, est devenu journaliste et participe à de nombreux débats sur l’islam. Il dirige depuis 2005 une émission de télévision sur la chaîne Al Hayat TV qui comprend bien 55 épisodes enregistrés de “A Bas les pasque” et 300 épisodes en direct de “Questions brûlantes”.  Cette chaîne est controversée dans le monde musulman et interdite dans plusieurs pays arabes. Une prime a même offerte sur la tête de certaines personnalités musulmanes qui fréquentent l’émission! Je vous conseille de voir l’émission “ Message au Président Barack Obama de la part d’un ancien musulman”; il déclare que les actions de Daesh sont liées à la religion musulmane et estime que le terrorisme islamiste commence dans les écoles coraniques et les mosquées!

“ Combien de cheiks saoudiens sont-ils en train de prêcher la haine? Combien de chaînes de télévision et de radio sont-elles en train d’endoctriner les gens en leur apprenant la violence du Coran et de ses Hadiths?

Combien de sermons du vendredi sont-ils dirigés contre l’Occident, contre la liberté et la démocratie?

Combien y a-t-il d’écoles islamiques qui produisent des générations d’enseignants et d’élèves qui croient au Dihad avec le but de mourir en combattant les « infidèles »?

Enfin, combien y a-t-il de sites sur Internet financés par les gouvernements, vos alliés, qui ont des cheiks émettant des Fatwas (sentences) contre les droits de l’homme les plus élémentaires? Si vous voulez combattre le terrorisme, commencez là-bas!

Tant que le monde musulman ne sépare pas la religion de l’État, nous ne mettrons jamais fin à ce cycle. Si l’islam n’est pas le problème, comment se fait-il que parmi les millions de Chrétiens du Moyen-Orient pas un ne se fasse exploser pour commettre un attentat-suicide, même s’ils vivent dans les mêmes conditions économiques et politiques et parfois même les pires?”

Mohamed Louizi, ex-membre de l’UOIF des Frères Musulmans de 2002 à 2006 et du bureau exécutif du bureau de son association locale. Humaniste de foi musulmane, autodidacte et passionné des recherches et études religieuses comparées. Auteur de nombreuses recherches et articles publiés sur le blog « Écrire sans censures !” et auteur de l’essai autobiographique : « Pourquoi j’ai quitté les Frères musulmans : retour éclairé vers un islam apolitique » (Michalon 2016). Il dénonce tous les méfaits des frérots…

Kamel Daoud, écrivain , accusé d’islamophobie pour avoir, après les agressions du Nouvel An à Cologne, pointé le tabou du sexe et du rapport à la femme dans le monde arabo-musulman. Karim Akouche, écrivain algérien a écrit sur lui dans un article qui voulait défendre Daoud de l’accusation d’islamophobie; “ Kamel Daoud est de cette famille d’écrivains qui ont le sens aigu de la liberté et du courage. Il ne peut pas détester les musulmans puisqu’il en vient. S’il les critique souvent, c’est parce qu’il leur veut du bien. Il ne hait pas les islamistes, il les combat. Il ne cherche pas à plaire, mais à dire ce qui lui plaît. Il n’écrit pas pour une chapelle, mais pour ceux qui cherchent à comprendre comment les fous d’Allah peuvent tuer aveuglément à la sortie d’un collège une fillette qui refuse de porter le voile, des artistes qui dessinent le Prophète ou des citoyens aimant la musique, le vin, le sport, l’amour et la vie.”

Omar Adib est un journaliste célèbre en Égypte. Il dirige une émission télévisée très suivie. En parlant du terorisme, il déclare: “Pourquoi c’est toujours nous, des musulmans, qui faisons ces choses là?” Il ajoute: “ Des problèmes dans les gouvernements, des problèmes dans la religion, de la corruption partout, c’est çà le monde arabe. Il faut en prendre conscience. C’est çà la vérité ! »

Jeannette Boughrab, qui s’est réfugiée en Finlande après l’attentat de Charlie Hebdo, est  chef du service d’action culturelle à l’ambassade de France. Elle dénonce avec ardeur les problèmes son pays dans un  ouvrage “ Lettre d’exil, la barbarie et nous”. Elle se présente comme  femme française, arabe et musulmane, elle  est fille de harki, ancienne secrétaire d’État et ex-présidente de la Halde – Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité-. Elle décrit  les domaines dans lesquels l’État a failli : éducation, intégration, immigration, laïcité, compromissions avec certains pays du Golfe. Elle désigne l’ennemi :  l’islam radicale t s’inquiète du renoncement, du déni et de la bien pensance.

Boualem Sansal, un écrivain algérien qui s’est exprimé sur l’Algérie d’hier et d’aujourd’hui: “Que reste-t-il du modernisme de la colonisation ? Rien à part le pétrole, le gaz, des gouvernants mafieux, un peuple dans la misère, des villes en décrépitude, une agriculture peau de chagrin (…). Au temps de la présence française, l’Algérie était un beau pays, bien administré, plus sûr, même si certaines inégalités existaient. Beaucoup d’Algériens regrettent le départ des pieds noirs. S’ils étaient restés, nous aurions à coup sûr évité notre tragédie. Je suis un iconoclaste qui dénonce les mensonges de la guerre de libération. J’ose toucher à un mythe fondateur, mais un mythe est fait pour être discuté. L’Algérie a été construite par la France dont elle porte les valeurs du XIXème. Alger est une ville squattée. Ils sont loin d’avoir trouvé les clés. Aujourd’hui, elle tourne le dos à la Méditerranée en regardant vers l’Iran et les pays arabes. Chez nous, les politiques s’expriment comme des imams ténébreux. La France est le centre du monde par son immense culture et sa liberté. C’est le pays de l’équilibre par excellence. La liberté est une notion riche et profonde en Occident. Ici, en guise de liberté, c’est le foutoir, l’apostrophe, l’insulte et la bagarre de rues. Il faut en finir avec ces bêtes immondes, avec ces barbares des temps obscurs, ces porteurs de ténèbres, oublier les serments pleins d’orgueil et de morgue qu’ils ont réussi à nous extorquer au sortir de ces années de guerre. La lumière n’est pas avec eux et les lendemains ne chantent jamais que pour les hommes libres. Boualem SANSAL (entretien paru dans Le Matin Algérie 15/01/2016)”

Bien sûr, il y en a tant d’autres que je n’ai pas cités et je m’en excuse auprès d’eux.

Merci mesdames et merci messieurs pour votre clairvoyance et votre courage.

Nicole Touati

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