Les Vérités de Nicole Touati

Et vous que feriez-vous si……

Le titre d’un fait divers , particulièrement glaçant, a retenu mon attention, ces jours-ci: “ Il saute du RER à pleine vitesse pour échapper à ses agresseurs!”

Il s’agit d’une jeune homme de 18 ans d’Ablon qui le 15 juillet à 16.15 monte sur le RER C et s’installe parmi les voyageurs. A la gare de Choisy-le-Roi, cinq adolescents agés de 14 à 18 ans montent à leur tour et presque tout de suite, la situation dégénère: Les “jeunes” agressent le jeune homme, lui volent son portable et le passent à tabac, le tout devant les autres passagers qui ne bronchent pas, la victime réussit à s’échapper à l’étage supérieur de la rame mais ses agresseurs le talonnent de près et continuent à le rouer de coups. Là encore, aucune réaction des témoins. Le malheureux voit une fenêtre ouverte et dans le désespoir, se jette dehors alors que le RER roule à une vitesse de 80 km/h. Blessé grièvement, il sera secouru par un autre conducteur qui voit le corps inerte.

Ce n’est qu’après avoir vu la victime se jeter dehors que quelqu’un se décide à appeler la police. Les racailles prennent la fuite mais grâce à l’étude des images de vidéosurveillance, ils seront reconnus et interpellés. Quatre d’entre eux sont de Choisy-le-Roi et le cinquième de Vitry.

Pourquoi les témoins d’agressions, de crimes ou de viols n’interviennent-ils pas? De mon point de vue, cela dépend simplement de la lâcheté ou de la peur. Cette passivité ignoble, devant des faits d’une violence absolue ne peut être ni acceptable ni justifiable!

Et vous qu’auriez vous fait ou qu’avez-vous fait au cas où vous vous êtes retrouvés dans une situation pareille?

Des chercheurs en psychologie sociale l’expliquent par une théorie appelée “bystander effect” ou  “effet spectateur”. En 1964, une américaine de 28 ans, Killy Genovese, est agressée, violée et poignardée dans le quartier tranquille du Queens à 3 h du matin alors qu’elle rentre du travail devant … 38 témoins! Ces derniers ont assisté à toute la scène de leurs fenêtres sans bouger  le petit doigt ni appeler la police même quand elle était restée à terre en agonisant!

Ce fait tragique va inciter deux scientifiques, Bib Latané etJohn Darley  à faire des recherches pour essayer de comprendre  la cause de ces comportements. Les test effectués en laboratoire ont démontré que si le témoin est seul, il aura plus tendance à réagir, personellement je n’en jurerais absolument pas, alors que si les témoins sont plusieurs, les réactions individuelles seraient influencées par celles des autres. Bref, plus il y a de témoins et plus s’installe cet “effet spectateur”; chacun imite les autres et une espèce de “dilution de la responsabilité” minimise la propre. Une question que tous se poseront, consciemment ou inconsciemment sera: “ Pourquoi devrais-je réagir alors que les autres ne le font pas?” Toutefois, si l’un des témoins intervient il est alors très facile que d’autres suivent son exemple.

Quelques sociologues sont de l’opinion que quand le témoin est seul, le choix d’intervenir se fait presque automatiquement et de manière inconsciente.

En ce qui concerne mes expériences personnelles, pendant mon parcours de vie, j’ai laissé tombé quelques amis qui m’avaient avoué qu’ils avaient assisté à des agressions sans réagir et se justifiaient en disant que ce n’étaient pas leurs affaires. Aucun remords et aucun sens de culpabilité n’émergeaient et devant une telle indifférence et manque total d’empathie, il m’est impossible avoir des relations avec des êtres aussi vils. Eux, n’ont pas compris ma réaction et sont même allés jusqu’à me reprocher d’être peu compréhensive, intégriste et de ne voir que le blanc ou le noir alors qu’il existe le gris et toutes ses nuances! Il est fort possible que l’un ou plusieurs d’entre eux lisent cet article et se reconnaîtront, au cas où, j’espère qu’en lisant, ils se rendront compte de la laideur d’âme qu’ils ont démontrée.

Ces “gens là “ sont assez nombreux, il suffit de voir les interventions de certaines personnes sur les réseaux sociaux. Vous postez un article sur des faits graves qu’une personne a subi et vous pourrez lire des commentaires d’une cruauté absolue. Au lieu de dialoguer sur le sujet du débat, ces derniers entrent dans la conversation soit pour agresser un autre intervenant pour ce qu’il a pu écrire soit pour nous livrer des théories “hors thème” qui n’intéressent personne, mais surtout sans une parole pour la victime.

Et pourtant, la non-assistance à personne en danger est bel et bien un délit pénal: l’article 223-6 du Code Pénal prévoit une amende de 75.000 euros et une peine de 5 ans de prison mais combien de peines ont-elles été prononcées à ce sujet? Très peu, d’après ce que je sais; un ami magistrat m’a même confié , quand je l’ai interrogé à ce sujet, qu’il y a très peu de jurisprudence à ce sujet.

Il est vrai que la peur peut-être paralysante mais les images d’une personne en détresse doivent nous aider à la surmonter. Etre un bon samaritain ou solidaire , n’est –il pas le devoir d’un être humain afin de mériter d’être considéré comme tel?

Nicole Touati

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